L’énorme bouleversement qui est en jeu, qui se joue, là, en ce moment, derrière la dématérialisation des supports, c’est

la spatialisation générale de tous les messages humains,

le texte comme l’image.
Le texte, donc le graphisme

(pas d’écriture, pas d’écrit, sans graphisme).

La présentation de ces messages sera en volume, en réalité augmentée, dans l’espace autour de nous (comme le son qui, lui, est spatialisé depuis toujours).

Cette spatialisation est en chemin. Sa généralisation est pour bientôt. D’abord le papier perd son monopole pour l’écran, puis l’écran lui-même va s’effacer.
L’écran représentait déjà la fin du support définitif (un support, certes, mais impermanent, un « dispositif diffuseur », comme il en existe de nombreux pour le son). Mais il n’est qu’une étape et est amené à se dématérialiser lui aussi.

Il est urgent de commencer à s’habituer à cette mutation. Le graphiste & le plasticien doivent réfléchir leur production en l’intégrant.
Le graphiste ne doit plus « mettre en page » mais « mettre en espace ». Il doit sculpter les mots, sculpter son design dans l’espace.

 

Autour de ce sujet, voir également mon texte « La fin de l’image » sur v-i-n-c-e-n-t.com

One thought on “La spatialisation des messages

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